Comment devenir game designer

Publié: février 3, 2011 dans Inspiration

Pas plus tard qu’hier, alors que j’écoutais le PODCAST 135 : Les métiers du jeu vidéo vient la fameuse question « Comment devenir développeur de jeu vidéo? ». J’insiste sur le fait que ce podcast est à écouter absolument si vous êtes Game Designer wannabe (« wannabe » signifiant littéralement « veut être »).

Je ne peux que plussoyer avec la réponse donnée et je me permet d’apporter des précisions à propos du Game Design en particulier. Ça tombe bien puisque dès ce week-end et jusqu’en Mars vous avez l’occasion d’entrer en contact avec des écoles telles que Supinfogame, l’ ENJMIN et Pôle IIID. Voici donc le top des erreurs du Game Designer wannabe.

  1. « Je joue donc je suis Game Designer »
  2. Le classique. C’est même le premier type de candidats que les écoles écartent. On ne devient pas Game Designer parce qu’on aime les jeux vidéo, navré. On le devient parce qu’on les comprend et qu’on les design. Cela requiert un sens critique, une culture du média, la propension à toucher à tous et à l’expérimentation, de la créativité, de l’initiative, de la clairvoyance et la capacité de communiquer efficacement et de travailler en équipe.

    Je peux vous dire que le Game Design n’a rien d’une partie de plaisir pour moi (et le Level Design, c’est encore pire). C’est très sérieux et beaucoup plus difficile qu’il n’y parait. Malgré ça, je le fais parce que j’ai le sentiment que c’est ce que je fais de mieux.

    D’ailleurs plus je suis engagé dans le Game Design (comme dans n’importe quel travail), moins je joue (en tant que Gamer). À la place, je prend l’air, loin des écrans.

  3. « Je ferai n’importe quoi pour entrer dans votre école »
  4. Encore un classique des entretiens. Beaucoup pensent que la motivation s’exprime par la parole. En réalité, le meilleur moyen de juger de la motivation de quelqu’un est de regarder ce qu’il a accompli. De plus, quelqu’un de sensé anticiperait l’échec et garderait un plan de secours. Si vous ne le faites pas et que vous misez tout sur le Game Design, alors vous n’avez définitivement pas l’état d’esprit du Game Designer.

  5. « Si je ne deviens pas Game Designer, j’aurais raté ma vie »
  6. Alors, non. Ce n’est pas parce que votre vie tourne autour du jeu vidéo que vous devez en faire votre métier. Et encore moins que ferez un bon Game Designer. Ce serait plutôt l’inverse, d’après moi, peu de Game Designers sont Hardcore Gamers. En revanche, vous pouvez travailler dans un domaine qui vous corresponds tout en vivant votre passion. Ça, aucun problème.

  7. « Le Game Design, c’est faire des jeux vidéo »
  8. Vous serez certainement interrogés sur le sujet durant un entretien, (encore un moyen de filtrer les candidats). J’avais assisté au portes ouvertes de Supinfogame avec un ami qui voulait devenir Game Designer. A la fin de la matinée il avait décidé de ne plus être candidat. Aujourd’hui, il fait du graphisme à Pôle IIID. Alors un conseil: la moindre des choses, c’est de savoir dans quoi vous mettez les pieds.

  9. « I don’t speak English »
  10. Ah l’anglais, extrêmement important. Vous pouvez un expert en Game Design, si vous ne pouvez pas vous exprimer avec des étrangers, bon courage. Cela fait entre autres partie des examens d’entrée. À DSK Supinfogame, on a 2 heures d’anglais chaque semaine. D’ailleurs tout est en anglais: le français, même oral est banni en temps normal.

  11. « Pas besoin de quitter la France »
  12. Une question posée durant mon entretien à Supinfogame: « Tu serais prêt à aller en Inde? ». Vous devinez le reste. C’est un fait et d’autres vous le diront, vous ne resterez probablement pas en France, et ce serait une erreur. C’est un moyen de juger de votre motivation.

    Malgré tout, si on vous pose cette question, je préconise de répondre en normands, des sources sérieuses affirmant qu’une réponse affirmative vous enverrait direct’ dans l’avion, quand ce n’est pas dans la liste d’attente (le 12ème, c’était moi).

  13. « Il me faut un bac S »
  14. Alors, quelques-uns de mes camarades français viennent aussi de sections L (et ils me poutrent en expression écrite quand je les poutre en programmation ou en graphisme). Après, en théorie, il n’y a pas de prérequis au niveau des études (même si je préconise un bac général). Si on vous dit que peu d’élèves en Game Design viennent de section ES ou STI, c’est peut-être aussi parce peu de candidats en sont originaires. Mais, à titre d’exemple, j’ai un ami de STI qui s’est retrouvé premier de la liste d’attente pour Supinfogame. Enfin, votre diplôme et votre bulletin permettent aussi d’apprécier la quantité de travail que vous êtes capable de fournir. Un candidat qui travaille bien à l’école, c’est tout-de-suite plus crédible.

  15. « Il me faut une formation en Game Design »
  16. Non, encore une fois, rare sont ceux qui atteignent le poste de Game Designer du premier coup, preuve que d’autres voies sont possibles. En revanche, dans ce cas, vous devrez certainement apprendre le Game Design par vous-même.

  17. « Le Game Design et que le Game Design »
  18. « Je sais pas coder, je sais pas faire du graph’ donc je vais faire Game Designer parce que j’ai des idées » (Podcast 135). Avoir plusieurs cordes à son arc est le meilleur moyen d’approcher son but quand vous ne pouvez l’atteindre directement. La polyvalence sera une allié de poids. N’oubliez pas que les écoles fournissent une formation en Gestion de Production, en Infographie ou en Programmation en plus du Game Design. Donc avoir déjà des connaissances en ces domaines vous aidera à contrebalancer vos lacunes en Game Design ainsi qu’à prouver votre motivation.

  19. « Le jeu vidéo et que le jeu vidéo »
  20. Les écoles font aussi passer des test de culture générale. Montrer votre intérêt pour d’autres arts ou d’autres médias que le jeu vidéo est un minimum. De toute façon vous allez en manger une fois dans l’école: œuvres littéraires, Analyse filmique et Photographie sont au programme ici.

  21. « La programmation, c’est pas pour moi »
  22. Si vous pensiez que je ne fais que du Game Design ici, encore une fois, vous vous trompez. La programmation en particulier vous permettra de concrétiser vos concept, de les tester, et de le montrer. Et quelqu’un prêt à manger du code pour concrétiser ses idées, ça fait déjà super impression durant un entretien. Des connaissances en graphisme vous aideront aussi à montrer autres choses que des pixels tous pourris.

  23. « L’informatique, c’est incontournable »
  24. Le cahier et le stylo resteront les meilleurs armes du Game Designer. D’ailleurs, je préconise les productions papier plutôt que l’ordinateur portable pour les entretiens. Vous pourrez toujours laissez une copie CD de vos productions à vos examinateurs. Si vous n’avez pas d’ordinateur, sachez qu’ici les premiers projets que l’on nous donne sont des jeux de plateau, des prototypes papier, des « Game Books » (livres interactifs) et des « Live Games » (chasse au trésor etc.). Ici, on nous donne aussi des cours de Windows et de Word au début, alors ne vous inquiétez pas.

  25. « Le portfolio, ça sert à rien »
  26. Ça, c’est la mienne. Certes j’avais un portfolio bien rempli durant l’entretien pour Supinfogame et Pôle IIID, de tout et n’importe quoi. Mais comme je me disais que n’importe qui pouvais s’approprier le travail d’un autre, je comptais plus sur l’échange oral. Grave erreur, le portfolio vous permet de montrer des choses concrètes, et ensuite le plus important: vous devez les défendre.

    Durant mon entretien à Pôle IIID, j’ai enchaîné les « Euh, ça, c’est pas très important. Et ça, c’est intéressant… je crois. » Pour Supinfogame, les examinateurs ont eu la patience et la curiosité d’aller chercher les points pertinents dans mes productions. La suite, on la connaît…

  27. « J’étudie le Game Design, donc je deviendrai Game Designer »
  28. Les candidats non-reçus en veulent souvent aux examinateurs. Ils devraient plutôt les remercier! Quelqu’un destiné au Game Design n’est pas exempts de rater son examen d’entrée. L’inverse est, selon moi, encore plus vrai: les écoles de Game Design sont probablement pleine d’élèves qui intégreront le jeux vidéo sans pour autant devenir Game Designers. Alors si vous n’êtes pas reçus, c’est que vous avez fait mauvaise impression.

  29. Négliger les stages
  30. Une erreur surtout commise par les candidats reçus. Rien ne vaut l’expérience professionnelle. Rien. Même s’il elle n’est pas liée au jeu vidéo, elle montre que vous savez au moins prendre des responsabilités.

 

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